Doctrine
« Étant donc justifiés par la foi, nous avons la paix avec Dieu, par notre Seigneur Jésus-Christ. »
Romains 5:1
Imaginez un accusé devant le tribunal, coupable et sans défense, attendant la sentence. Puis le juge prononce une parole que le prisonnier n'osait espérer : non coupable — juste, acquitté, libre. C'est là, en un mot, ce que la Bible appelle la justification. C'est la plus grande nouvelle qu'un pécheur puisse jamais entendre : comment un homme coupable peut se tenir devant un Dieu saint, déclaré parfaitement juste. Et la réponse de la Bible n'est pas ce que le cœur religieux attend.
Justifier est un terme de tribunal. Cela ne signifie pas rendre bon peu à peu, ni infuser quelque bonté dans une personne ; cela signifie déclarer juste, prononcer l'acquittement, poser une sentence légale de « non coupable ». C'est le contraire exact de condamner. Écoutez comment la Bible oppose les deux :
« Qui accusera les élus de Dieu? Dieu est celui qui les justifie. Qui les condamnera? Christ est mort, et de plus il est ressuscité, il est même assis à la droite de Dieu, et il intercède aussi pour nous. » (Romains 8:33-34)
Justifier s'oppose donc à accuser et à condamner. Quand Dieu justifie un pécheur, il ne ferme pas les yeux sur le péché et ne fait pas non plus semblant que le coupable soit devenu graduellement meilleur. Il prononce sur lui, de plein droit, un verdict d'entière justice. La question qui décide de tout est celle-ci : sur quel fondement Dieu peut-il faire une telle déclaration ?
La réponse de l'homme religieux est toujours la même : par mes efforts, par mes bonnes œuvres, par le fait de garder de mon mieux la loi. Mais c'est précisément la porte que la Bible ferme, et elle la ferme entièrement.
« Parce que personne ne sera justifié devant lui par les œuvres de la loi; car c'est la loi qui donne la connaissance du péché. » (Romains 3:20)
Remarquez ce que la loi ne peut pas faire : elle ne peut justifier personne. Et remarquez ce qu'elle fait : elle donne la connaissance du péché. La loi est un miroir ; elle montre la souillure, mais elle ne la lave pas. Et nos meilleures œuvres elles-mêmes, offertes pour nous mériter le ciel, sont bien loin de la sainteté de Dieu :
« Tous, nous sommes devenus comme un homme souillé, et toutes nos justices comme un vêtement impur; nous nous sommes tous flétris comme le feuillage, et nos iniquités nous emportent comme le vent. » (Ésaïe 64:6)
Non pas nos péchés seulement, mais nos justices — nos meilleures actions religieuses — sont devant Dieu comme un vêtement impur. Si donc le meilleur de l'homme ne peut le justifier, il faut qu'une justice vienne d'ailleurs.
Et voici l'évangile : cette justice vient de Dieu lui-même, non comme un salaire gagné, mais comme un don gratuit de sa grâce.
« Et qu'ils sont justifiés gratuitement par sa grâce, par la rédemption qui est en Jésus-Christ. » (Romains 3:24)
Pesez le mot gratuitement. Cela signifie sans frais, sans rien à payer, sans le moindre mérite de notre part. La grâce, c'est la faveur imméritée de Dieu — un don donné à qui ne l'a pas gagné et ne pourra jamais le gagner. Et le fondement de ce don, c'est la rédemption qui est en Jésus-Christ : le prix a été payé, non par nous, mais par lui.
Comment donc ce don devient-il nôtre ? Par le seul moyen que Dieu a désigné : la foi. Non la foi plus les œuvres ; la foi sans les œuvres de la loi. La Bible le dit avec une netteté qui ne laisse aucune place au doute.
« Nous concluons donc que l'homme est justifié par la foi, sans les œuvres de la loi. » (Romains 3:28)
« Sachant que l'homme est justifié non par les œuvres de la loi, mais par la foi en Jésus-Christ, nous avons nous-mêmes cru en Jésus-Christ, afin d'être justifiés par la foi en Christ, et non par les œuvres de la loi, parce que nulle chair ne sera justifiée par les œuvres de la loi. » (Galates 2:16)
Trois fois dans ce seul verset : par la foi, non par les œuvres. La Bible ferme cette porte à triple tour, afin que nul ne s'imagine y glisser une seule de ses œuvres. Et le fruit de cette justification, c'est la paix :
« Étant donc justifiés par la foi, nous avons la paix avec Dieu, par notre Seigneur Jésus-Christ. » (Romains 5:1)
Quelqu'un dira : « C'est là une nouveauté. » Non point. C'est ainsi que Dieu a justifié Abraham, le père des croyants, bien des siècles avant la loi. Comment Abraham fut-il déclaré juste ? Non par ce qu'il fit, mais par ce qu'il crut.
« Car que dit l'Écriture? Abraham crut à Dieu, et cela lui fut imputé à justice. » (Romains 4:3)
Le mot imputé est un terme de comptabilité : porter une chose au compte de quelqu'un. La foi d'Abraham lui fut portée au compte comme justice. Et la Bible pousse la démonstration jusqu'au bout, employant un mot qui heurte l'oreille religieuse :
« Mais pour celui qui ne travaille point, mais qui croit en celui qui justifie le pécheur, sa foi lui est imputée à justice. » (Romains 4:5)
« Celui qui ne travaille point » — non celui qui travaille, mais celui qui croit. Et Dieu justifie le pécheur, non le juste. Voilà la merveille de la grâce : Dieu déclare juste l'impie qui cesse de travailler pour son salut et se confie simplement en Celui qui sauve.
Mais comment Dieu peut-il déclarer juste un pécheur sans nier sa propre justice ? Par le plus grand des échanges. À la croix, notre péché fut porté au compte de Christ, et sa justice à lui fut portée à notre compte.
« Car Celui qui n'a point connu le péché, il l'a traité en pécheur pour nous, afin que nous, nous devenions justes de la justice de Dieu en lui. » (2 Corinthiens 5:21)
Voyez le double mouvement : lui qui n'avait point connu le péché fut traité en pécheur à notre place ; et nous qui n'avions point de justice devenons la justice de Dieu en lui. Ce n'est pas notre justice réparée, mais la sienne qui nous est donnée — une justice parfaite, celle de Dieu même, reçue par la foi.
« Et d'être trouvé en lui, ayant, non ma justice, celle qui vient de la loi, mais celle qui s'obtient par la foi en Christ, la justice qui vient de Dieu par la foi. » (Philippiens 3:9)
Le croyant se tient donc devant Dieu, non revêtu de ses propres haillons souillés, mais revêtu de la justice sans tache du Seigneur Jésus-Christ.
Il faut ici tenir deux vérités ensemble sans les confondre. La justification, c'est ce que Dieu déclare à notre sujet — un verdict prononcé une fois pour toutes. La sanctification, c'est l'œuvre que Dieu accomplit en nous ensuite — nous rendre saints jour après jour. La première est le fondement ; la seconde en est le fruit. Le bonheur du justifié, c'est que ses péchés ne lui sont plus imputés :
« C'est ainsi que David exprime le bonheur de l'homme à qui Dieu impute la justice sans les œuvres: Heureux ceux dont les iniquités sont pardonnées, et les péchés couverts! Heureux l'homme à qui le Seigneur n'imputera point le péché! » (Romains 4:6-8)
Et cette même grâce qui justifie ne laisse jamais l'homme tel qu'elle l'a trouvé ; elle le lave et le met à part pour Dieu :
« Or c'est là ce qu'étaient quelques-uns de vous; mais vous avez été lavés, mais vous avez été sanctifiés, mais vous avez été justifiés au nom du Seigneur Jésus, et par l'Esprit de notre Dieu. » (1 Corinthiens 6:11)
C'est l'objection que l'on soulève toujours, et elle mérite une réponse honnête. Jacques écrit bien ces mots :
« Vous voyez que l'homme est justifié par les œuvres, et non par la foi seulement. » (Jacques 2:24)
Y a-t-il contradiction ? Nullement — car les deux hommes répondent à deux questions différentes. L'apôtre Paul demande : comment un pécheur est-il justifié devant Dieu ? Réponse : par la foi seule, sans les œuvres. Jacques demande : comment une foi véritable se prouve-t-elle devant les hommes ? Réponse : par les œuvres qu'elle produit. L'apôtre Paul parle de la racine, Jacques du fruit. Une foi qui sauve n'est jamais seule ; elle vit, et une foi vivante travaille toujours. Les œuvres ne sont pas la cause de la justification ; elles en sont la preuve. L'arbre n'est pas rendu vivant par ses fruits, mais ses fruits montrent qu'il vit.
Que gagne donc celui qui est justifié par la foi ? Il gagne d'abord ce que nul argent ne peut acheter : l'affranchissement de toute condamnation.
« Il n'y a donc maintenant aucune condamnation pour ceux qui sont en Jésus-Christ, qui marchent, non selon la chair, mais selon l'esprit. » (Romains 8:1)
Aucune condamnation — non pas moins de condamnation, mais aucune ; car le péché du croyant a déjà été jugé en Christ. Il gagne encore un pardon plus complet que la loi n'en pouvait jamais donner :
« Et que c'est par lui que tous ceux qui croient sont justifiés de toutes les choses dont vous n'avez pu être justifiés par la loi de Moïse. » (Actes 13:39)
Et il gagne enfin l'assurance d'être mis à l'abri de la colère à venir :
« Étant donc maintenant justifiés par son sang, à plus forte raison serons-nous sauvés par lui de la colère de Dieu. » (Romains 5:9)
Revenons à ce prisonnier au tribunal. Il ne peut se rendre juste lui-même ; il ne peut que recevoir le verdict. Ainsi en est-il de toi. Tu ne peux te justifier toi-même par tes œuvres, ta religion ou tes bonnes résolutions ; car même tes justices sont devant Dieu comme un vêtement impur. Mais Dieu offre gratuitement, par grâce, de te déclarer parfaitement juste — non à cause de ce que tu as fait, mais à cause de ce que le Seigneur Jésus-Christ a fait à ta place.
Cesse donc de travailler pour un salut que tu ne peux gagner, et confie-toi en Celui qui justifie le pécheur. Reçois par la foi la justice de Dieu, qui est offerte à quiconque croit. À l'instant même où tu te confies en Christ, le verdict tombe : non coupable, justifié, en paix avec Dieu — et cela pour toujours.
« Nous concluons donc que l'homme est justifié par la foi, sans les œuvres de la loi. »Romains 3:28