Doctrine
« Jésus lui répondit: En vérité, en vérité je te dis que si un homme ne naît de nouveau, il ne peut voir le royaume de Dieu. »
Jean 3:3
Un homme vint trouver le Seigneur Jésus-Christ, de nuit. C'était Nicodème : docteur de la loi, chef religieux, homme sincère et respecté. Si quelqu'un pouvait se croire en règle avec Dieu, c'était bien lui. Et pourtant, à cet homme de bien, le Seigneur adressa l'une des paroles les plus surprenantes de tout l'Évangile : il te faut naître de nouveau. Non te réformer, non redoubler d'efforts, mais renaître. Cette parole demeure aussi nécessaire aujourd'hui qu'elle l'était cette nuit-là.
Remarquez d'abord la force du mot. Le Seigneur Jésus-Christ ne dit pas qu'il serait bon, ou utile, ou préférable de naître de nouveau ; il dit qu'il le faut. C'est une nécessité absolue, sans laquelle nul ne peut même voir le royaume de Dieu.
« Jésus lui répondit: En vérité, en vérité je te dis que si un homme ne naît de nouveau, il ne peut voir le royaume de Dieu. » (Jean 3:3)
Et pour qu'il n'y ait aucun malentendu, il le redit, en s'adressant non à Nicodème seul, mais à tous :
« Ne t'étonne point de ce que je t'ai dit: Il faut que vous naissiez de nouveau. » (Jean 3:7)
Il le faut. Sans cette nouvelle naissance, l'homme, si religieux et si moral soit-il, demeure exclu du royaume de Dieu — et exposé à ce que la Bible appelle la seconde mort.
« Que celui qui a des oreilles écoute ce que l'Esprit dit aux Églises: Celui qui vaincra ne recevra aucun dommage de la seconde mort. » (Apocalypse 2:11)
Avant de dire ce qu'elle est, écartons ce qu'elle n'est pas, car bien des âmes s'y trompent. La nouvelle naissance n'est pas le baptême, ni l'appartenance à une religion, ni une réforme morale, ni une résolution prise à force de volonté. Elle n'est pas non plus une chose que l'homme produit par sa naissance, son sang ou son effort.
« Qui ne sont point nés du sang, ni de la volonté de la chair, ni de la volonté de l'homme, mais de Dieu. » (Jean 1:13)
Trois fois la Bible ferme la porte : ni le sang (ta lignée, ta famille croyante), ni la volonté de la chair, ni la volonté de l'homme. La nouvelle naissance n'est pas héritée, ni méritée, ni fabriquée par l'homme. Elle vient de Dieu seul.
Pourquoi faut-il une naissance entièrement nouvelle ? Parce que ce que nous sommes par nature est trop corrompu pour être simplement réparé. La Bible ne dit pas que l'homme est malade et qu'il faut le soigner ; elle dit qu'il est mort.
« Et vous étiez morts dans vos fautes et dans vos péchés. » (Éphésiens 2:1)
Un mort ne se soigne pas ; il lui faut la vie. C'est pourquoi la vieille nature ne peut être raccommodée, éduquée ou améliorée jusqu'à plaire à Dieu. Elle ne produira jamais que ce qu'elle est :
« Ce qui est né de la chair est chair, et ce qui est né de l'esprit est esprit. » (Jean 3:6)
La chair, quelque effort qu'on lui impose, demeure la chair. Il ne s'agit donc pas de rendre le vieil homme meilleur, mais de recevoir une vie tout autre — une vie d'en haut.
La nouvelle naissance est l'œuvre de Dieu, non de l'homme. C'est lui qui régénère, lui qui sauve, non à cause de nos œuvres, mais selon sa miséricorde.
« Il nous a sauvés, non à cause des œuvres de justice que nous aurions faites, mais selon sa miséricorde, par le baptême de la régénération et le renouvellement du Saint-Esprit. » (Tite 3:5)
Notez bien : non à cause de nos œuvres, mais selon sa miséricorde. Comme un enfant ne se donne pas la vie à lui-même, mais la reçoit, ainsi le pécheur ne s'engendre pas de nouveau lui-même ; il est régénéré par un autre — par Dieu, au moyen de son Esprit.
Cette œuvre est celle du Saint-Esprit, et elle est aussi réelle qu'elle est mystérieuse. Le Seigneur Jésus-Christ la compara au vent :
« Le vent souffle où il veut; et tu en entends le bruit; mais tu ne sais ni d'où il vient, ni où il va. Il en est de même de tout homme qui est né de l'esprit. » (Jean 3:8)
On ne voit pas le vent, mais on en voit les effets ; on ne peut le commander, mais on en constate la puissance. Ainsi de la nouvelle naissance : nul ne peut la produire ni l'expliquer entièrement, mais là où le Saint-Esprit l'opère, ses effets se voient dans une vie changée.
Voilà pourquoi Nicodème, tout docteur qu'il était, ne comprenait pas. Ces choses ne se saisissent pas par l'intelligence naturelle ; il faut un cœur régénéré pour les recevoir.
« Or, l'homme animal ne comprend point les choses qui sont de l'Esprit de Dieu; car elles lui paraissent une folie; et il ne les peut entendre, parce que c'est spirituellement qu'on en juge. » (1 Corinthiens 2:14)
L'homme le plus instruit, s'il n'est pas né de nouveau, demeure aveugle aux choses de Dieu — comme un homme sans oreilles à la musique. Ce n'est pas un défaut d'intelligence, mais un défaut de vie. Il faut naître de nouveau pour voir.
Par quel moyen Dieu produit-il cette vie nouvelle ? Par sa Parole. La semence qui engendre le croyant, c'est l'Écriture, vivante et permanente.
« Étant régénérés, non par une semence corruptible, mais par une semence incorruptible, par la parole de Dieu, qui vit et qui demeure éternellement. » (1 Pierre 1:23)
« Il nous a engendrés selon sa volonté, par la parole de vérité, afin que nous soyons en quelque sorte les prémices de ses créatures. » (Jacques 1:18)
La Parole de Dieu est la semence ; l'Esprit de Dieu la fait germer. C'est pourquoi la nouvelle naissance et la Parole vont toujours ensemble : nul ne naît de nouveau sans que la vérité de Dieu ne soit reçue dans le cœur.
Le Seigneur avait dit aussi qu'il faut naître « d'eau et d'esprit ». Certains y voient le baptême, comme si l'eau du baptême opérait la nouvelle naissance. Mais la Bible ne se contredit pas : nous venons de voir que l'homme est régénéré par la Parole, non par un rite. L'eau, dans le langage de l'Écriture, est une figure de cette Parole qui purifie.
« Afin de la sanctifier, en la purifiant et la lavant par l'eau de la parole. » (Éphésiens 5:26)
L'eau qui lave, c'est la Parole. Naître « d'eau et d'esprit », c'est donc naître par la Parole de Dieu appliquée au cœur par le Saint-Esprit — non par le baptême. Le baptême est le beau témoignage extérieur de celui qui est déjà né de nouveau ; il n'est jamais le moyen de le devenir.
Comment donc cette nouvelle naissance devient-elle mienne ? Non par mes efforts, mais par la foi au Seigneur Jésus-Christ. Le Seigneur l'expliqua à Nicodème par une image tirée de l'Ancien Testament : comme les Israélites mordus par les serpents étaient guéris en regardant le serpent d'airain élevé par Moïse, ainsi le pécheur est sauvé en regardant, par la foi, à Christ élevé sur la croix.
« Et comme Moïse éleva le serpent dans le désert, de même il faut que le Fils de l'homme soit élevé, Afin que quiconque croit en lui ne périsse point, mais qu'il ait la vie éternelle. » (Jean 3:14-15)
La nouvelle naissance se reçoit donc au moment où l'on reçoit le Seigneur Jésus-Christ par la foi :
« Mais à tous ceux qui l'ont reçu, il leur a donné le droit d'être faits enfants de Dieu, savoir, à ceux qui croient en son nom. » (Jean 1:12)
Recevoir Christ, croire en son nom : voilà le moyen par lequel Dieu fait naître de nouveau. Ce n'est pas une œuvre à accomplir, mais un Sauveur à recevoir.
Là où cette naissance a eu lieu, elle se voit. Non par la perfection, mais par une vie nouvelle : de nouveaux désirs, un nouvel amour, une nouvelle direction.
« Si donc quelqu'un est en Christ, il est une nouvelle créature; les choses vieilles sont passées; voici, toutes choses sont devenues nouvelles. » (2 Corinthiens 5:17)
Et la première marque de cette vie, c'est la foi elle-même : croire de cœur que Jésus est le Christ est le signe même qu'on est né de Dieu.
« Quiconque croit que Jésus est le Christ, est né de Dieu; et quiconque aime Dieu qui l'a engendré, aime aussi celui qui est né de lui. » (1 Jean 5:1)
Voici donc la question que le Seigneur Jésus-Christ posa jadis à un homme religieux, et qu'il te pose aujourd'hui. Non : es-tu baptisé ? es-tu moral ? appartiens-tu à une église ? Mais : es-tu né de nouveau ? As-tu reçu, par la foi, une vie nouvelle venue d'en haut ?
Si tu ne le sais pas, ne tarde pas. Reconnais devant Dieu que ta vieille nature est morte dans le péché et ne peut se sauver elle-même. Regarde à Christ élevé sur la croix pour toi. Reçois-le par la foi comme ton Sauveur — et Dieu lui-même, par sa Parole et par son Esprit, t'engendrera à une vie nouvelle qui ne finira jamais. Il vous faut naître de nouveau ; et Dieu se tient prêt à accomplir en toi cette merveille aujourd'hui même.
« Si donc quelqu'un est en Christ, il est une nouvelle créature; les choses vieilles sont passées; voici, toutes choses sont devenues nouvelles. »2 Corinthiens 5:17