Doctrine
« Non, vous dis-je; mais si vous ne vous repentez, vous périrez tous de même. »
Luc 13:3
Peu de mots bibliques ont été aussi mal compris que celui-ci. Pour les uns, la repentance évoque une pénitence sombre, une liste de bonnes œuvres à accomplir pour apaiser Dieu, un fardeau écrasant. Pour les autres, ce n'est qu'un vague regret vite oublié. Mais la repentance que la Bible réclame n'est ni l'un ni l'autre. Elle est belle, libératrice, et absolument nécessaire au salut. Voyons ce qu'elle est vraiment, et ce qu'elle n'est pas.
Le mot que la Bible emploie signifie littéralement un changement de pensée — une volte-face intérieure qui entraîne un changement de direction. Ce n'est pas d'abord une émotion, ni une pénitence, mais un revirement du cœur et de la volonté. Le Seigneur Jésus-Christ l'a illustré par l'histoire d'un fils qui refusa d'abord d'obéir à son père, puis changea d'avis :
« Mais il répondit: Je ne veux pas y aller; cependant, s'étant repenti ensuite, il y alla. » (Matthieu 21:29)
Le fils avait dit non ; puis, s'étant repenti, il fit tout le contraire. Voilà la repentance : non un simple sentiment, mais un changement d'esprit si réel qu'il renverse la marche de la vie. On tournait le dos à Dieu ; on se retourne, et on marche vers lui.
La repentance ne marche jamais seule. Dans la Bible, elle est inséparable de la foi : ce sont les deux faces d'un même retour à Dieu. Par la repentance, l'homme se détourne du péché ; par la foi, il se tourne vers le Seigneur Jésus-Christ. L'apôtre Paul résume ainsi tout son ministère :
« Prêchant et aux Juifs et aux Grecs, la repentance envers Dieu, et la foi en Jésus-Christ notre Seigneur. » (Actes 20:21)
La repentance envers Dieu, la foi en Christ : les deux vont ensemble, comme deux côtés d'une même porte. On ne peut se tourner vers Dieu sans se détourner de ce qui n'est pas Dieu. Les Thessaloniciens en sont l'image :
« Car ils racontent eux-mêmes quel accès nous avons eu auprès de vous, et comment vous vous êtes convertis des idoles à Dieu, pour servir le Dieu vivant et vrai. » (1 Thessaloniciens 1:9)
Ils se détournèrent des idoles (repentance) et se tournèrent vers le Dieu vivant (foi). Un seul et même mouvement du cœur.
Se repentir, c'est se détourner. Mais de quoi ? Du péché — non seulement de tel ou tel acte, mais de la voie mauvaise elle-même et des pensées qui la nourrissent. Écoutez l'appel du prophète :
« Que le méchant abandonne sa voie, et l'homme injuste ses pensées; et qu'il retourne à l'Éternel, qui aura pitié de lui, et à notre Dieu, car il pardonne abondamment. » (Ésaïe 55:7)
Remarquez les deux mouvements : abandonner sa voie, et retourner à l'Éternel. Et remarquez la promesse : il pardonne abondamment. La repentance n'est jamais un saut dans le vide ; c'est un retour vers un Dieu qui attend, riche en miséricorde.
Voici une crainte qui arrête bien des âmes : « Il faut donc que je me rende d'abord parfait, que je nettoie toute ma vie, avant d'oser venir à Christ. » Non. Ce serait renverser l'ordre de l'Évangile. Le Seigneur Jésus-Christ n'est pas venu pour ceux qui se croient justes, mais pour les pécheurs, tels qu'ils sont :
« Je ne suis point venu appeler à la repentance les justes, mais les pécheurs. » (Luc 5:32)
Tu n'as pas à te guérir avant de venir au médecin ; c'est ta maladie même qui t'amène à lui. La repentance ne consiste pas à réformer ta vie par tes propres forces afin de mériter Christ ; elle consiste à venir à Christ tel que tu es, décidé, par sa grâce, à abandonner ce dont tu te détournes. Le nettoyage, il l'opère ; ton devoir est de venir.
Il faut ici bien distinguer. La repentance n'est pas la pénitence — cette idée que l'on paie sa faute par des souffrances, des privations ou des œuvres imposées. Elle n'est pas non plus une œuvre qui gagne le salut, car le salut est un don gratuit :
« Que le méchant abandonne sa voie... et à notre Dieu, car il pardonne abondamment. » (Ésaïe 55:7)
Si Dieu pardonne abondamment et gratuitement, alors la repentance n'achète rien ; elle est plutôt la main vide qui se détourne du péché pour recevoir ce don. Le fils prodigue ne s'est pas d'abord rendu digne ; il s'est levé et il est revenu. Se repentir, c'est revenir — non se payer un retour.
Il existe pourtant une tristesse dans la vraie repentance — mais il faut la distinguer d'une autre qui lui ressemble. L'apôtre Paul oppose les deux :
« Car la tristesse qui est selon Dieu, produit une repentance à salut, et dont on ne se repent jamais; au lieu que la tristesse du monde produit la mort. » (2 Corinthiens 7:10)
La tristesse du monde pleure les conséquences du péché : la honte, la douleur, le prix à payer. La tristesse selon Dieu pleure le péché lui-même, parce qu'il offense Dieu. La première conduit au désespoir et à la mort ; la seconde conduit au salut. Ce n'est pas la quantité des larmes qui compte, mais leur source.
Car il existe une fausse repentance, qui a l'apparence du regret sans le retour. Ésaü en est l'exemple solennel : il pleura amèrement d'avoir perdu la bénédiction, mais son cœur ne changea pas véritablement.
« Car vous savez que voulant, même après cela, hériter de la bénédiction, il fut rejeté, car il n'obtint pas un changement de résolution, quoiqu'il le demandât avec larmes. » (Hébreux 12:17)
Des larmes, il en versa ; mais point de changement de résolution. Voilà le danger : on peut regretter les fruits amers du péché sans jamais renoncer au péché lui-même. La vraie repentance n'est pas mesurée aux pleurs, mais au revirement du cœur.
La repentance n'est pas une option réservée aux grands pécheurs ; c'est un commandement adressé à tous, partout.
« Mais Dieu, ayant laissé passer ces temps d'ignorance, annonce maintenant aux hommes, que tous, en tous lieux, se convertissent. » (Actes 17:30)
Tous, en tous lieux — nul n'est excepté. Et l'enjeu est éternel, car le Seigneur Jésus-Christ lui-même a lié la repentance à la vie ou à la mort de l'âme :
« Non, vous dis-je; mais si vous ne vous repentez, vous périrez tous de même. » (Luc 13:3)
Voici un mystère béni : la repentance est commandée à l'homme, et cependant elle est donnée par Dieu. Elle n'est pas un effort que le pécheur produit de lui-même, mais une grâce que Dieu accorde.
« Alors, ayant entendu ces choses, ils s'apaisèrent et glorifièrent Dieu, en disant: Dieu a donc aussi donné aux Gentils la repentance, afin qu'ils aient la vie. » (Actes 11:18)
Dieu a donné la repentance : elle est un don. Et par quel moyen Dieu la produit-il dans le cœur ? Souvent par sa bonté même, qui désarme le pécheur et l'attire :
« Ou méprises-tu les richesses de sa bonté, de sa patience et de son long support, ne reconnaissant pas que la bonté de Dieu te convie à la repentance? » (Romains 2:4)
Ce n'est donc pas la crainte seule, mais la bonté de Dieu qui conduit à la repentance. Si tu sens aujourd'hui le moindre désir de revenir à lui, ce désir est déjà l'œuvre de sa grâce.
Si la repentance elle-même n'est pas une œuvre méritoire, elle n'en produit pas moins des fruits. Une vie véritablement changée le montre par des actes changés — non pour gagner le salut, mais parce qu'un cœur nouveau agit autrement.
« Produisez donc des fruits convenables à la repentance. » (Matthieu 3:8)
Remarquez l'ordre : les fruits suivent la repentance ; ils ne la précèdent pas et ne l'achètent pas. L'arbre est d'abord rendu bon ; ensuite il porte du bon fruit. Et lorsqu'un seul pécheur se repent véritablement, le ciel lui-même se réjouit :
« Je vous dis qu'il y a de même de la joie, devant les anges de Dieu, pour un seul pécheur qui se repent. » (Luc 15:10)
Voilà donc, en un mot, ce que Dieu te demande aujourd'hui. Non de te punir toi-même, non de te rendre parfait d'abord, mais de changer de pensée : de te détourner du péché et de te tourner vers le Seigneur Jésus-Christ, en te confiant en lui pour ton salut. C'est le premier appel qu'il fit entendre, et il te l'adresse encore :
« Le temps est accompli, et le royaume de Dieu approche. Repentez-vous et croyez à l'Évangile. » (Marc 1:15)
Repens-toi donc, et crois. Détourne-toi de ta voie et reviens à Dieu, et tes péchés seront effacés à jamais.
« Repentez-vous donc et vous convertissez, afin que vos péchés soient effacés. » (Actes 3:19)
Ne remets pas à demain ce retour. La bonté de Dieu t'y convie aujourd'hui ; sa patience t'attend ; et le ciel est prêt à se réjouir sur toi.
« Le temps est accompli, et le royaume de Dieu approche. Repentez-vous et croyez à l'Évangile. »Marc 1:15